27Oct

Chaque mois, découvrez l’édito de Jean-Antoine Martos, dirigeant de LOGOS.

En juin dernier, sur le modèle de Pacitel, le Gouvernement a lancé Bloctel, un dispositif (gratuit) interdisant tout démarchage téléphonique auprès des Français qui s’y inscrivent. Une action nécessaire pour les particuliers… qui complique encore un peu plus notre tâche.

Une aubaine pour les consommateurs

Jean-Antoine Martos LogosUn million. C’est le nombre d’inscrits sur le site Bloctel sur le premier mois de lancement. Un million de Français, qui s’opposent clairement à ce qu’on les démarche par téléphone dans leur quotidien. C’est dire si la solution était attendue et probablement nécessaire. Les gens en ont marre d’être prospectés, ce que je peux comprendre. Et, au risque de paraître un peu schizophrène, je ne suis pas complètement opposé à un tel dispositif. Si je suis un professionnel du milieu du télémarketing, je suis également un consommateur. À ce titre, Bloctel est une très bonne chose. Plus de démarchage téléphonique indésirable, excepté les SMS, la presse et l’humanitaire (c’est la loi). Quel confort ! Et c’est efficace : à la différence de Pacitel, le dispositif privé précédent, Bloctel est désormais inscrit dans la loi. Ne pas s’y résoudre, c’est s’exposer à des poursuites et à une amende administrative de 75 000 € par appel. Ça calme. Peu importe que les appels soient passés depuis l’étranger : le responsable reste le mandataire français.

Le consommateur ne sera pas pour autant tranquille : la technologie permet déjà de contourner un peu ces contraintes. Chacun connaît aujourd’hui des plateformes qui peuvent faire appeler des prospects via des numéros locaux, qui changent toutes les heures, histoire d’accéder jusqu’aux clients qui ne pensent pas à de la prospection (Tiens, un 05 ? Ce ne serait pas la famille ?). Mais difficile de faire de la prospection sans décliner son identité.

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Un énième frein pour les sociétés

Côté boîtes de télémarketing, Bloctel, c’est plutôt la douche froide. Ou du moins, une grosse galère qui s’ajoute aux contraintes existantes. Imaginez plutôt : une société doit prospecter 100 000 noms pour un nouveau produit. Pour rester dans la légalité, elle doit désormais déduire les noms inscrits chez Bloctel avant de lancer sa campagne. La voilà donc obligée de prendre un abonnement chez Opposetel, qui gère le dispositif Bloctel et s’occupe des fichiers. Et un abonnement probablement illimité, pour bénéficier de toutes les mises à jour (des nouvelles inscriptions), soit la bagatelle de 45 000 € par an. Vous avez bien lu. Vous envoyez donc votre fichier de 100 000 noms chez Opposetel qui vous le rend épuré, et bien plus light aussi. Mais attention, si vous devez réutiliser ce fichier au-delà d’un mois ou deux, retour à la case départ : vous devrez de nouveau le renvoyer chez Opposetel, pour une nouvelle « épuration » avant d’agir.

Côté financier comme organisationnel, Bloctel s’apparente à un parcours du combattant, une perte de temps et d’argent qui impacte forcément le télémarketing et la qualité de son rendement. Voilà de quoi rendre encore plus rare la chance d’entamer une conversation avec un prospect. Chose qui était déjà de plus en plus difficile.

M+4 : un premier bilan s’impose

À ce jour, les sociétés jouent le jeu. Aucune réclamation n’a officiellement vu le jour. Du moins, c’est ce que l’on comprend sur le site de la société Opposetel. On ne sait pas exactement non plus comment se régleront de potentielles réclamations, qui les suivra. Mais le système en place n’a que quatre mois.

Ce qui est certain en revanche, c’est que nous devons nous y plier, et que Bloctel aura un impact fort sur nos sociétés. Un coût financier, ainsi qu’une perte de temps et de clients considérable. Ça pourrait me faire râler, mais ça me rend surtout inquiet : combien de temps avant que cela aboutisse à de vraies pertes d’emploi dans notre métier ?

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